Éditorial Janvier 2019

Profondément marqué par un sévère handicap, Alexandre Jollien entra en philosophie pour «sauver sa peau». Cette formation cependant ne lui permit pas de «traiter les blessures intérieures, les traumatismes d’enfance, ni d’intégrer ce corps dans la vie spirituelle».
Se tournant alors vers la pratique du zen, qui lui semble une promesse de guérison, il s’établit quelques années en Corée. Ce fut pour s’apercevoir que la méditation l’aide plutôt à guérir de l’idée de guérir! Il découvre progressivement qu’il est possible de «cohabiter avec ses blessures», si du moins on se tient ouvert et disponible.
Des Sikhs, les Occidentaux ne connaissent guère que le turban majestueux. Cette communauté, suscitée par le Gourou Nanak (1469-1539), pratique un monothéisme pur et proclame l’égalité de ses membres. On connait, dans la société indienne, la puissante emprise de la hiérarchie des castes (et des sexes) ainsi que des règles de pureté. Si les Sikhs ne parviennent pas à s’en débarrasser totalement, leur fraternité s’exprime cependant dans des coutumes et des institutions remarquables : tâches communautaires, esprit de service, hospitalité, partage de la nourriture… Décrire ces pratiques, c’est entrer dans le quotidien d’un pan de l’Inde.
Ouvrant la Bible, les Chinois l’abordent avec un autre regard. Pierre Jeanne repère des convergences entre ces deux mondes culturels : importance de l’écriture et des Écritures, solidarité familiale, respect des ancêtres… En revanche, la radicalité de l’appel de Jésus, avec d’inévitables ruptures à l’égard des structures familiales et sociales, suscite des résistances.
Pierre de Béthune, pour sa part, dans le cadre d’une brève interview, invite les partenaires des dialogues à s’engager dans des démarches d’hospitalité mutuelle, gage de transformations personnelles plus profondes.
Éric Rommeluère évoque quelques-uns des pionniers japonais qui, dans les années 1960, introduisirent le zen en Occident. Soulignant l’audace de ces maîtres et l’élan contestataire qui animait beaucoup de leurs disciples, il craint que le zen ne se soit à présent «dilué dans la culture dominante». Plus largement, le bouddhisme connaitrait-il dans nos régions un certain essoufflement ? Des formes de méditation soft se répandent rapidement. «L’éveil paraissant si lointain, pourquoi ne pas simplement ‘aller mieux’?» L’intrépidité ne ferait-elle plus vibrer?

À toutes et tous, l’équipe des Voies de l’Orient souhaite
une Année vraiment neuve, imprégnée de paix et de lumière