QUI SOMMES-NOUS?

Depuis 30 ans, au cœur de Bruxelles, les Voies de l’Orient sont un lieu de rencontres entre cultures et spiritualités. L’expérience montre que, pour chaque partenaire, l’apprentissage du dialogue peut aller de pair avec l’approfondissement de sa propre voie.

Dialogue et enracinement: L’expérience des « Voies de l’Orient »

Il est souvent malaisé de raconter une genèse. Comment sont nées les Voies de l’Orient?

Vers la fin des années 1970, l’équipe de «Bruxelles Accueil / Porte Ouverte», à quelques pas de la Grand-place, observe une augmentation de visites et démarches touchant l’Asie: tourisme, voyages d’affaires, services d’interprètes, adoptions, mariages, demandes de documentation et d’orientation à propos du bouddhisme, du yoga, de la réincarnation… De fil  en aiguille, une petite équipe fut amenée à proposer un atelier pour enseignants, une conférence, un lieu de méditation silencieuse. Il fallut bientôt trouver, à quelques centaines de mètres, des locaux plus adéquats. Un programme d’activités s’étoffa peu à peu: cérémonie du thé, qigong, calligraphie, méditation zen ou vipassanâ…

Si l’équipe animatrice des Voies de l’Orient est composée de chrétiens(1), les personnes qui poussent la porte ou participent à telle activité peuvent se réclamer de traditions fort diverses ou encore ne se définir par aucune. Quant à celles dont le nom figure au programme, il leur est seulement demandé de se situer clairement dans une tradition (chrétienne, hindoue, bouddhiste…) et d’être formées à la pratique qu’elles proposent et transmettent. L’accent n’est pas mis sur l’acquisition de savoirs mais sur la pratique et l’échange d’expériences.

Dès le départ, l’équipe «locale» s’est appuyée sur un «second cercle» d’amis et de correspondants, notamment en Asie: même si chaque région du monde a ses atouts et ses contraintes, comment ne pas recueillir l’expérience et la sagesse de l’Inde, de la Chine ou du Japon, en particulier celles de chrétiens asiatiques engagés chez eux dans la rencontre des traditions spirituelles(2)? Mais en Europe aussi un réseau s’est tissé à l’occasion de visites reçues et rendues, d’échanges de correspondance ou de documentation, de publications croisées…

Tant l’équipe bruxelloise des Voies de l’Orient que ce cercles d’amis et de correspondants sont conscients des défis de la rencontre et des risques de déstabilisation de la foi ou de dilution dans des syncrétismes de surface. A relire leur itinéraire, beaucoup cependant éprouvent de la reconnaissance pour l’hospitalité vécue(3), les personnes rencontrées, les ressources spirituelles découvertes; ils témoignent que la rencontre de l’autre a stimulé leur quête et leur rencontre de l’Autre.

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1. Voies de l’Orient est une «association sans but lucratif» indépendante. Cependant le projet fut conçu et s’est développé en concertation avec les responsables de la pastorale diocésaine. Dans le vicariat de l’Eglise catholique de Bruxelles, notre association, qui couvre les spiritualités de l’Inde et de l’Extrême-Orient, s’inscrit aux côtés du centre El Kalima, pour les relations avec le monde de l’islam, et de Ein Shalom (Sœurs de Sion), pour le monde juif.
2. En témoigne la publication des Enseignements de Vincent Shigeto Oshida (1922-2003): un maître Zen qui a rencontré le Christ, Bruxelles, Voies de l’Orient, 2009.
3. P.-Fr. de Béthune, L’Hospitalité sacrée entre les religions, Paris, A. Michel, 2007 ; J. Scheuer, Un chrétien dans les pas du Bouddha, Bruxelles, Lessius, 2010