Éditorial Janvier 2018

Apparu il y a un bon demi-siècle, le terme ‘inculturation’ a été forgé pour désigner le processus de la rencontre entre l’évangile ou la foi chrétienne et la diversité des cultures du monde. L’élan missionnaire du bouddhisme dès sa fondation, l’histoire de sa diffusion dans diverses cultures asiatiques, enfin son expansion récente en Occident: tout cela permet de lui appliquer avec souplesse ce même terme. Comment cette tradition d’Asie pousse-t-elle des racines dans la réalité culturelle et sociale de l’Europe? Comment passer par exemple d’un ‘bouddhisme en France’ à un ‘bouddhisme français’? Dennis Gira signale déjà quelques belles réussites, mais aussi certaines ambiguïtés, avant de s’interroger à ce sujet sur les relations entre bouddhistes et chrétiens.

Depuis trente ans, Elizabeth Harris consacre le plus clair de son temps et de ses énergies à l’étude et l’enseignement du bouddhisme ainsi qu’aux relations entre chrétiens et bouddhistes. Partie au Sri Lanka pour un an, elle y séjourna sept ans pour explorer la tradition du Theravâda et n’a cessé depuis de s’intéresser aux destinées de ce pays. Dans un récit émaillé d’anecdotes, d’expériences et de rencontres, elle retrace les étapes de son itinéraire, ses attentes et ses découvertes. Elle évoque quelques-unes des ressources bouddhiques qui l’ont particulièrement enrichie et elle tente en conclusion de préciser en quels termes, chrétienne convaincue, elle se situe aujourd’hui à l’égard de la Voie du Bouddha.

«La poésie n’a d’autres vertus que d’éveiller en nous les pensées et les désirs que nous étouffons.» Une Coréenne, éprise de littérature française, met en regard la poésie du catholique Charles Péguy (1873-1914) et celle de Han Yong-un (1879-1944), moine bouddhiste mais aussi pétri de spiritualité taoïste. Pour les rapprocher, il faut que «le chrétien et le bouddhiste sortent de leur maison pour retrouver sous les différences de leurs doctrines un fond d’expérience commune…, une foi profonde dans l’unité harmonique des diversités multiples». Dans l’œuvre de l’un comme de l’autre, elle découvre la simplicité d’une quête spirituelle, un «approfondissement constant du cœur dans la voie».

Jacques Scheuer

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