Éditorial janvier 2017

Art et spiritualité. Ou encore : l’art est spiritualité ? Dans la réflexion méditative proposée par Matthias Tschabold, la musique du poète et le regard du peintre se conjuguent en harmonie. En Orient comme en Occident, en contexte taoïste ou bouddhiste comme en contexte grec et biblique, art et spiritualité expriment une vision globale du monde et de la condition humaine. Partant d’une œuvre japonaise, l’auteur nous invite à «regarder longtemps», à percevoir «un état d’absorption qui circule entre le paysage et l’artiste», à entrer dans la reconnaissance mutuelle, dans la résonance. Les chemins de l’art introduisent dans le réseau des relations qui nous portent, ouvrent au souffle qui anime toutes choses.

Comme en écho et prolongeant cette lecture, Aurélie Godefroy invite à la découverte du haïku. Ce style de poème japonais « n’est pas une pensée riche réduite à une forme brève, mais un événement bref qui trouve tout à coup sa forme juste ». Non pas une simple poésie descriptive, mais l’expression d’un monde intérieur : «Tout ce qui n’est pas réellement présent dans le cœur ne relève pas du haïku».

Depuis plus de 30 ans, en esprit d’hospitalité reçue et rendue, des moines chrétiens d’Europe et des moines zen du Japon se rencontrent dans le silence et la méditation. Le maître Hôzumi Rôshi, qui accueillit le premier groupe au Japon et qui vient chaque année animer des sesshins en France et en Belgique, rappelle l’esprit de cette pratique. Dans notre temps troublé et violent, le zen peut aider à «identifier ce que représente la peur pour chacun de nous et élaborer une réponse pacifique». Benoît Billot, pour sa part, évoque sa première rencontre avec Hôzumi Rôshi.

Né en France il y a un bon siècle, Thomas Merton connut dans sa jeunesse une vie de bohême avant de répondre à l’appel du silence et d’entrer dans une communauté de moines trappistes en Amérique. S’il est surtout connu comme écrivain, il fut aussi un pionnier de la découverte des spiritualités de l’Orient, taoïsme et bouddhisme en particulier. Ami et correspondant de D.T. Suzuki, son itinéraire fut brutalement interrompu, à l’âge de 53 ans, par une mort accidentelle à Bangkok. Ses écrits et son Journal permettent cependant de le suivre dans ses rencontres et dans son expérience intérieure de traditions qui vont élargir ses perspectives et creuser en lui la soif de l’Ultime.

Jacques Scheuer

À tous ses lecteurs et amis, l’équipe des Voies de l’Orient

souhaite une merveilleuse Année 2017